Phrases assassines – Garder son sang froid

9 04 2013

Les petites phrases qui tuent … rien qu’en y pensant, la plupart d’entre nous en ont les frissons. Vous connaissez peut-être, vous aussi, ces affirmations par lesquelles votre interlocuteur tente de détourner l’attention du sujet de la conversation ou de vous décontenancer. On reste le plus souvent si perplexe qu’aucune réponse ne nous vient à l’esprit. Il vaut donc la peine de se pencher sur cette question et de développer des stratégies adaptées.

Que sont les phrases assassines?

Vous connaissez certainement ces petites phrases, du genre:

«Vous auriez pourtant dû vous rendre compte que ça ne va vraiment pas…»

«Nous avons déjà tout essayé, ça ne fonctionne pas.»

«Ah les hommes!» (ou les femmes, les débutants, les retraités, etc…)

«Attendez d’avoir un peu plus d’expérience dans votre travail.»

«En théorie c’est bien, mais en pratique ça ne fonctionne pas.»

«Tu n’as vraiment aucune idée

«Etes-vous toujours aussi sensible?»

«Si vous vous étiez mieux préparé, vous sauriez que…»

«Je vois que tu as encore beaucoup à apprendre.»

«Il n’y a pas de quoi rougir!»

«Eh oui, tu dois encore travailler sur toi-même!»

Elles se caractérisent surtout par leur caractère

caricatural,

inhibiteur,

                              excluant, et souvent aussi

     dévalorisant.

Ces phrases ne sont pas objectives; elles sont émotionnelles, leur but est d’atteindre un point faible chez l’autre, soit pour provoquer un comportement, soit, le plus souvent, pour en réprimer un. Par une simple remarque, notre interlocuteur peut nous laisser sans voix ou nous faire chauffer à blanc, nous frustrer ou nous faire perdre le fil, nous détourner du sujet de conversation ou nous mettre sur la défensive. Il compte tirer avantage de sa position d’attaquant et nous mettre en difficulté.

On peut même affirmer que les remarques assassines sont un moyen de manipulation souvent très efficace, pour autant que la personne à laquelle elles sont adressées n’ait pas encore de stratégie constructive pour y faire face.

Les effets recherchés peuvent être:

Faire perdre ses moyens – L’effet le plus inoffensif, mais qui n’en est pas moins désagréable, est qu’une remarque agressive nous fait perdre nos moyens: «Eh bien, je n’aurais pas cru cela de toi», ou «Je m’attendais à mieux de ta part». Nous laissons ce que nous étions en train de faire, perdons le fil de nos pensées et doutons de nous, entre autre.

Blesser – Les phrases assassines blessent de plusieurs manières. L’autre peut nous rabaisser («Ne fais donc pas l’enfant»), nous offenser («C’est fou comme tu peux être bête parfois»), attaquer notre point faible («Pas étonnant que vous soyez si acariâtre: c’est d’un homme dont vous auriez besoin»); la pointe peut nous toucher profondément.

Mettre dans l’embarras – Nous ne savons pas comment réagir et avons l’impression d’être à la merci de l’autre. Notre embarras nous paralyse et nous perdons toute confiance en nous.

Frustrer et mener à la résignation – Lorsque les remarques assassines ont un impact durable sur la motivation, il s’ensuit souvent une attitude de repli et de résignation. Prenons l’exemple d’un jeune qui débute dans une profession et exprime ce qui, selon lui, pourrait être modifié dans la manière de travailler, et à qui son collègue, plus expérimenté, rétorque d’un ton moqueur: «J’ai aussi été jeune et naïf comme toi, ça arrive!»

Mettre en colère – Il nous arrive aussi de nous énerver et de devenir agressif. Nous explosons et disons des choses que nous aurions mieux fait de ne pas dire. C’est peut-être exactement l’effet recherché par la personne qui nous a provoqué en nous lançant une remarque insidieuse.

Saisir les deux occasions que nous fournissent les phrases assassines

Comme toute chose, la remarque mal intentionnée est aussi une occasion à saisir. Il s’agit ici de:

Mieux se connaître – Les remarques assassines atteignent nos points faibles. Si elles concernent un aspect de nous dont nous nous sentons très sûr, il est facile de les gratifier d’un haussement d’épaule et de ne pas nous laisser toucher. Une personne qui ne se fait aucun complexe sur sa silhouette, sur son salaire, sur sa position sociale, et encore moins sur ses prestations, par exemple, ne sera pas vulnérable sur ces sujets. Celle qui, en revanche, ne s’aime pas, sera très blessée par une remarque personnelle. L’occasion à saisir consiste à prendre le temps d’analyser, une fois la situation passée, ce qui nous a tellement blessé et comment nous pourrions désormais «faire avec».

S’entraîner à la communication – Comme toutes les autres situations de conflits verbaux, une remarque virulente est toujours une occasion d’exercer ses capacités de communication et de les améliorer.

Dans le document «Comment réagir aux remarques assassines» (disponible en pdf ci-dessous), vous trouverez une série de réactions possibles. Exercez-vous, grâce à ces méthodes, à communiquer de manière flexible et sur différents modes.

Ne vous limitez pas à une seule possibilité, mais exercez-les toutes. Vous pourrez ainsi réagir de manière flexible selon la situation, vos objectifs et votre interlocuteur. Une telle flexibilité dans votre mode de communication vous permettra d’affronter presque toutes les situations verbales délicates.

Comment réagir aux remarques assassines

Source: article publié originalement sur site suisse « Le portail de la communication professionnelle« 

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